Plan quinquennal chinois 2026-2030 : 6G, biofabrication, économie basse altitude... Les paris tech de Pékin

Plan quinquennal chinois 2026-2030 : 6G, biofabrication, économie basse altitude... Les paris tech de Pékin

La Rédaction Géopolitique
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Le 15e plan quinquennal chinois définit les priorités technologiques pour 2026-2030 : 6G, fusion nucléaire, drones, interfaces cerveau-machine. Décryptage des implications pour les entreprises européennes.

Tous les cinq ans, la Chine définit sa feuille de route économique et technologique. Selon China Briefing, le 15e plan quinquennal (2026-2030) place les « industries du futur » au cœur de la stratégie nationale. Quantique, biofabrication, fusion nucléaire, interfaces cerveau-machine, 6G : Pékin mise sur des technologies de rupture pour maintenir sa trajectoire de croissance.

« New Quality Productive Forces » : la nouvelle doctrine économique

Le concept de « forces productives de nouvelle qualité » est devenu le mantra du gouvernement Xi Jinping. Il désigne une approche de développement fondée sur l'innovation technologique plutôt que sur l'accumulation de capital ou de main-d'œuvre.

Concrètement, cela signifie que la Chine entend remonter dans les chaînes de valeur mondiales. Fini le rôle d'atelier du monde produisant des biens à faible valeur ajoutée. Place à la fabrication avancée, aux technologies de pointe et aux services à haute intensité de connaissances.

Les recommandations du plan soulignent que « le système industriel moderne est le fondement matériel et technologique de la modernisation chinoise ». Une formulation qui traduit l'importance accordée à l'industrie dans la vision de développement du pays.

Six industries du futur au cœur du plan

Le 15e plan quinquennal identifie six domaines technologiques prioritaires pour les investissements publics et l'orientation des politiques industrielles :

Les 6 industries du futur du 15e plan quinquennal

  • Technologies quantiques : ordinateur quantique et communications quantiques
  • Biofabrication : production de matériaux, médicaments et aliments par procédés biologiques
  • Hydrogène et fusion nucléaire : transition énergétique et réacteur EAST
  • Interfaces cerveau-machine : applications médicales et militaires
  • Intelligence incarnée (Embodied AI) : robots humanoïdes, véhicules autonomes
  • Communications 6G : débits 100x supérieurs à la 5G

La Chine ambitionne de devenir leader mondial dans l'informatique quantique et les communications quantiques. Des investissements massifs sont prévus dans la recherche fondamentale, le développement de qubits stables et la création d'un réseau de communication quantique national.

La production de matériaux, de médicaments et d'aliments par des procédés biologiques (fermentation, ingénierie génétique) constitue un axe majeur. L'objectif est de réduire la dépendance aux procédés chimiques traditionnels et de développer une industrie biotechnologique compétitive.

L'économie basse altitude : le pari des drones

Parmi les concepts les plus originaux du plan figure l'« économie basse altitude ». Il s'agit de développer un écosystème économique autour des drones et des véhicules volants évoluant à moins de 1 000 mètres d'altitude.

Livraison de colis, taxis volants, inspection d'infrastructures, agriculture de précision : les applications sont nombreuses. La Chine dispose déjà d'un avantage compétitif dans la fabrication de drones, avec des champions comme DJI qui dominent le marché mondial.

Pour les entreprises qui souhaitent comprendre ces évolutions, des prestations de veille technologique permettent d'anticiper les impacts sur leur secteur d'activité.

Autosuffisance technologique : l'obsession de Pékin

Le plan quinquennal réaffirme l'objectif d'autosuffisance technologique dans les domaines stratégiques. Les restrictions américaines sur les exportations de semi-conducteurs ont renforcé cette détermination.

Les secteurs prioritaires pour la réduction de la dépendance aux technologies étrangères incluent les semi-conducteurs avancés (gravure inférieure à 7nm), les machines-outils de précision, les matériaux avancés, les logiciels industriels et les biotechnologies.

Cette quête d'autonomie a des implications directes pour les entreprises européennes. D'un côté, elle crée des opportunités pour les fournisseurs de technologies que la Chine ne maîtrise pas encore. De l'autre, elle annonce une concurrence accrue à mesure que les entreprises chinoises montent en gamme.

Implications pour les entreprises françaises

Le 15e plan quinquennal dessine un paysage concurrentiel en mutation. Plusieurs tendances méritent l'attention des dirigeants français :

Concurrence accrue dans les technologies avancées. Les entreprises chinoises, soutenues par des politiques industrielles volontaristes, vont intensifier leur présence sur les marchés mondiaux dans les secteurs prioritaires du plan.

Opportunités de partenariat. La Chine reste ouverte aux collaborations technologiques, notamment dans les domaines où elle accuse un retard. Les entreprises européennes disposant d'expertises pointues peuvent trouver des débouchés.

Risques réglementaires. Les tensions géopolitiques peuvent se traduire par des restrictions d'accès au marché chinois ou des contraintes sur les transferts de technologies. Une veille réglementaire s'impose.

Comme nous l'avons analysé dans notre article sur les robots humanoïdes chinois, l'intelligence incarnée (Embodied AI) est l'une des priorités du plan, avec des implications directes pour l'industrie européenne.

Un plan, des incertitudes

Les plans quinquennaux chinois ont une longue histoire de réalisations... et de révisions. Les objectifs ambitieux se heurtent parfois aux réalités économiques, aux résistances bureaucratiques ou aux aléas géopolitiques.

Le ralentissement de la croissance chinoise, la crise immobilière et les tensions avec les États-Unis pourraient contraindre Pékin à revoir ses priorités. Mais l'orientation générale vers les technologies de rupture semble irréversible.

Pour les observateurs européens, le 15e plan quinquennal est un signal clair : la Chine ne se contente plus de rattraper l'Occident. Elle ambitionne de le dépasser dans les industries qui façonneront le XXIe siècle.

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