XPeng ne fabrique plus seulement des voitures électriques. Le constructeur chinois, coté à la bourse de New York, vient de dévoiler Iron, un robot humanoïde conçu pour travailler aux côtés des humains dans les usines et les commerces. Selon Humanoid.guide, ce robot de 1,73 m et 70 kg dispose de 60 articulations et 200 degrés de liberté, avec des mains dextres à 22 degrés de liberté et une vision panoramique à 720°.
XPeng : du véhicule électrique au robot humanoïde
La diversification de XPeng dans la robotique n'est pas un caprice. Elle s'inscrit dans une stratégie plus large que le PDG He Xiaopeng appelle « Physical AI » : l'application de l'intelligence artificielle au monde physique, qu'il s'agisse de conduire une voiture ou de manipuler des objets.
Fiche technique XPeng Iron
- Taille : 1,73 m
- Poids : 70 kg
- Articulations : 60 (dont 22 pour les mains)
- Degrés de liberté : 200
- Champ de vision : 720°
- Prix estimé : 150 000 $
Les synergies entre automobile et robotique sont nombreuses. Les deux domaines partagent des défis communs : perception de l'environnement, planification de trajectoires, contrôle moteur, interaction avec les humains. XPeng peut réutiliser ses investissements en R&D et ses équipes d'ingénieurs pour accélérer le développement d'Iron.
Pour les entreprises qui souhaitent explorer ces convergences technologiques, des prestations de conseil en intelligence artificielle permettent d'identifier les opportunités d'application dans leur secteur.
Iron : un design qui fait sensation
Lors du AI Day 2025 à Guangzhou, Iron a fait une entrée remarquée. Le robot, doté d'un design féminin réaliste, a défilé sur scène avec une fluidité qui a stupéfié les observateurs. Certains spectateurs ont même douté qu'il s'agissait d'un vrai robot, suspectant la présence d'un humain à l'intérieur.
Pour lever ces doutes, XPeng a procédé à une démonstration inhabituelle : ouvrir le robot devant les caméras pour montrer ses composants internes. Une mise en scène qui témoigne de la confiance de l'entreprise dans sa technologie.
Colonne vertébrale biomimétique
L'une des innovations majeures d'Iron réside dans sa colonne vertébrale artificielle, inspirée de l'anatomie humaine. Cette structure permet des mouvements plus naturels et une meilleure absorption des chocs que les architectures rigides traditionnelles.
Les muscles artificiels et la peau flexible complètent cette approche biomimétique. XPeng affirme pouvoir personnaliser l'apparence du robot selon les besoins des clients, ouvrant la voie à des applications dans l'accueil ou le commerce.
Partenariat avec Baosteel : premiers tests industriels
XPeng a annoncé un partenariat avec Baosteel, le premier sidérurgiste chinois, pour tester Iron dans des environnements industriels réels. Le robot sera déployé pour des tâches d'inspection, de maintenance et de logistique.
Ce partenariat est stratégique à plusieurs titres. Il permet à XPeng de collecter des données d'usage en conditions réelles, d'identifier les améliorations nécessaires et de démontrer la viabilité commerciale de son robot. Pour Baosteel, c'est l'occasion d'explorer l'automatisation de tâches dangereuses ou pénibles pour les travailleurs humains.
150 000 dollars : un positionnement haut de gamme
Avec un prix estimé à 150 000 dollars, Iron se positionne très au-dessus des robots Unitree (16 000 dollars pour le G1). Ce choix reflète une stratégie différente : viser les applications industrielles à haute valeur ajoutée plutôt que le volume.
À ce niveau de prix, le retour sur investissement doit être démontrable. Un robot à 150 000 dollars doit remplacer ou augmenter significativement la productivité d'un ou plusieurs travailleurs pour être rentable. Les applications visées (inspection de sites dangereux, manipulation de charges lourdes) correspondent à ce profil.
Production de masse : objectif 2026
XPeng vise une production de masse d'Iron autour de 2026. Un calendrier ambitieux qui suppose de résoudre de nombreux défis techniques et industriels.
La fabrication de robots humanoïdes à grande échelle nécessite des chaînes d'approvisionnement fiables pour les composants critiques : moteurs, capteurs, batteries, processeurs. XPeng peut s'appuyer sur son expérience dans l'automobile, mais la robotique humanoïde présente des exigences spécifiques.
Comme nous l'avons analysé dans notre article sur Unitree et AgiBot, la Chine dispose d'un avantage structurel dans la production de robots grâce à son écosystème industriel intégré.
Turing-AI : le cerveau d'Iron
Iron est équipé de Turing-AI, la plateforme d'intelligence artificielle développée par XPeng. Cette architecture intègre le système VLA (Vision-Language-Action) qui permet au robot de comprendre des instructions en langage naturel et de les traduire en actions physiques.
Le robot peut ainsi répondre à des commandes vocales, décrire ce qu'il voit et adapter son comportement au contexte. Une capacité essentielle pour l'interaction avec des opérateurs humains non spécialisés.
Implications pour l'industrie automobile européenne
L'entrée de XPeng dans la robotique humanoïde envoie un signal aux constructeurs automobiles européens. Les fabricants chinois ne se contentent plus de concurrencer sur les véhicules électriques : ils investissent dans les technologies qui façonneront l'usine du futur.
Les constructeurs européens, déjà sous pression sur le marché des véhicules électriques, pourraient se retrouver également distancés sur l'automatisation de leurs propres usines. Une double menace qui appelle une réponse stratégique.
Pour les PME françaises de la sous-traitance automobile, ces évolutions sont à surveiller de près. L'arrivée de robots humanoïdes dans les usines pourrait transformer les besoins en main-d'œuvre et en compétences.